Entretien avec Claude Carliez
entrevue avec Claude Carliez
Président d’honneur des Lames sur Seine, le Maître Claude Carliez nous fait l’amitié d’inaugurer cette série d’entretiens avec des grands noms de l’escrime artistique.
Est-il encore besoin de présenter Claude Carliez ? Sa carrière cinématographique riche de plus de 200 films, son rôle essentiel dans le développement de l’escrime artistique en tant que discipline…
Claude Carliez retrace son parcours, de sa découverte de l’escrime à sa position actuelle à la tête de l’Académie d’Armes de France, en passant bien évidemment par sa carrière au cinéma, fertile en anecdotes qu’il distille avec humilité et espièglerie. Il nous offre également sa vision de l’escrime artistique, des balbutiements aux évolutions actuelles et futures.

Premiers pas dans l’escrime
Pourquoi l’escrime ? Eh bien tout d’abord parce que mon père était escrimeur. Il n’a pas fait de compétition mais nous a conseillé, à mes frères et à moi-même, de pratiquer ce sport qui exigeait, selon lui, concentration, maîtrise et sens tactique. Pour ma part, j’étais attiré par le côté « panache » de ce sport de combat.
J’ai donc pratiqué l’escrime en plus des sports collectifs, puis j’ai passé trois ans en préparation à l’Institut National des Sports ou mon apprentissage s’est intensifié. L’escrime était dès lors devenue une passion.

Au bout de deux ans, j’ai commencé à m’intéresser à d’autres aspects de l’escrime. À l’époque, il existait ce que l’on appelait « le prix des belles armes ». Il s’agissait des prémices de l’escrime artistique, si ce n’est qu’il fallait respecter le règlement de la fédération : ne pas contourner l’adversaire, ne pas donner de coups de tranchant, respecter les zones de touches des trois armes. Le but était cependant de produire de la belle escrime, de placer ses touches avec élégance. C’est dans cet état d’esprit que je m’efforçais de tirer, influencé sans doute par le métier de mon père, chorégraphe de son état. On ne nous enseignait pas l’élégance. Je me suis aperçu que l’élégance en escrime est rarement innée, elle s’apprend.

Claude Carliez, Maître d’Armes
prime basse escrime
En 1943, mon président de ligue m’a appris que l’on formait des Maîtres d’Armes à l’École Militaire de Joinville. J’avais 18 ans à l’époque et comme je devais effectuer mon service militaire, j’ai saisi cette occasion de joindre l’utile à l’agréable. Et je n’ai pas eu à le regretter, car ces trois années de formation m’ont énormément apporté ! Je pratiquais l’escrime bien sûr mais aussi l’équitation (je trouvais que ces deux sports allaient très bien ensemble) et plusieurs sports de combat modernes ; une formation très complète en somme.

J’ai alors passé mon diplôme d’état, point d’orgue de mon cursus et sésame pour un poste d’agent d’état (les Maîtres d’Armes étaient alors affiliés aux agents d’état, tout comme les professeurs d’éducation physique). Il était question de la mise en place d’un diplôme de Maître d’Armes d’état mais ce projet n’a hélas jamais abouti.

J’ai donc donné des cours d’éducation physique en collège et en lycée car j’étais titulaire d’une maîtrise d’éducation physique, qui comprenait la maîtrise d’Armes. En parallèle, le soir, je donnais des cours d’escrime à une clientèle privée.

L’aventure luxembourgeoise
En 1948, on m’a proposé un poste au Grand Duché de Luxembourg. C’était une ville intéressante pour moi car, bien que fraîchement émoulu, j’avais la charge de cinq clubs, tous très différents les uns des autres : les trois clubs de Luxembourg et des villes environnantes, l’armée et le cercle des étudiants. Je n’enseignais que l’escrime sportive.

Au cours de ma deuxième année, on m’a soumis l’idée de monter une section enfants. On m’a donc envoyé des élèves de six à douze ans. Je trouvais alors dommage qu’ils ne pratiquent l’escrime que de façon unilatérale, et non ambidextre. Et puis je me suis rendu compte qu’il était plus amusant pour ces enfants de tirer avec une arme dans chaque main, que d’être en position classique et de tirer à une arme. Je trouvais en outre la combinaison des mouvements intéressante.

Dans un premier temps, je n’ai employé cette méthode que dans un but correctif, afin d’obtenir une certaine gymnastique : trois fentes à droite, suivies de trois fentes à gauches, puis des parades doubles… C’était un travail de coordination extrêmement intéressant. Il s’agissait, en quelque sorte, d’escrime artistique avant l’heure, avec des enfants. J’ai essuyé quelques critiques : certains tireurs me disaient que si on encourageait la pratique à deux armes, on perdrait des compétiteurs à une arme. Je leur ai répondu que leur rapidité à la main droite en sortirait accrue. L’un des médecins qui fréquentaient la salle d’armes a d’ailleurs abondé dans mon sens : « tout le travail que vous faîtes à gauche va se reporter, en rapidité et en réflexes, sur la main droite », m’a-t-il dit.

Très vite, j’ai appelé cela « escrime artistique ». Lors de démonstrations, les parents pouvaient voir évoluer leurs enfants. Il n’était pas encore question de chemises à jabots ou de chapeaux à plumes ; ils portaient des tenues blanches, mais tiraient à deux armes. Certains de ces enfants ont par la suite fait de la compétition et ont décroché des titres à très haut niveau !

Les Maîtres
escrime par Raoul Clery
Parmi les grands Maîtres qui m’ont marqué, je citerais d’abord Raoul Cléry, le fin du fin de l’enseignement des armes ; et puis Pierre Lacaze, spécialiste en escrime artistique. Le maître Lacaze venait nous donner de l’escrime dite « ancienne », qui par la suite s’est appelée « ancienne et artistique ». C’était de l’escrime de duel, mais elle ne portait pas encore ce nom là. L’adversaire était une cible, on la contournait, on la touchait de pointe et de tranchant, tout le corps était valable. Je trouvais cela formidable ! Les actions devaient se contrôler suffisamment pour s’arrêter à quarante centimètres, puis trente, puis vingt. Donc on ne touchait pas, mais on devait donner l’illusion de la touche. Pierre Lacaze nous faisait également travailler sur des textes, des traités anciens. Il était véritablement le « rénovateur » de l’escrime ancienne.

Le cinéma
Le Bossu avec Jean Marais
En 1951, je suis rentré à Paris pour raisons familiales. Pendant un ou deux ans, je me rendais dans différents clubs pour tirer. C’est à cette époque que j’ai retrouvé Pierre Lacaze et André Gardère, qui avait été l’un de mes Maîtres d’armes au cours de ma formation. Il était alors le Maître d’armes titulaire des studios de Joinville. Il venait de terminer le tournage de Fanfan la Tulipe, de Christian Jacques, et entamait la préparation de Lucrèce Borgia, toujours sous la direction de Christian Jacques. Il m’a proposé de participer aux scènes d’action, en m’expliquant qu’il me faudrait monter à cheval et manier de lourdes épées de taille. J’ai accepté, fort de mon expérience de cavalier.
Le tournage a duré quatre jours pour moi. J’avais un emploi à plein temps et quatre mois après Lucrèce Borgia j’ai participé à un deuxième film, puis les choses se sont enchaînées.

Et puis est arrivée la grande époque du film de cape et d’épées, avec Jean Marais.

Auparavant j’avais participé à une version des Trois mousquetaires, avec George Marchal et Bourvil, en 1953, puis Le Vicomte de Bragelonne, Gil Blas de Santillane… Tous ces films, qui avaient rencontré un certain succès, avaient été produits par André Hunebelle et celui-ci avait décidé de mettre à l’affiche de ses films un acteur plus connu. Il a demandé à Jean Marais, qui a accepté. C’est ainsi que Jean Marais s’est retrouvé dans la peau du Bossu. Dans ce film, Lagardère se déguise en bossu et c’était la grande passion de Jean que de se transformer, se grimer ; c’est d‘ailleurs un art dans lequel il excellait.

Le Bossu fut un formidable succès.

Par la suite se sont succédés, entre autres, Le Capitan, Le miracle des loups, Le capitaine Fracasse, Le masque de fer… Au cours des quinze années qui suivirent, tous les ans nous tournions un film.

Chaque film me demandait trois mois de préparation, suivis de trois mois de tournage. J’ai donc dû abandonner mon travail pour me consacrer pleinement au cinéma. Et puis la mode des films de cape et d’épées est passée, le goût des spectateurs s’est tourné vers des films plus modernes, j’ai alors mis à profit ma formation dans les sports de combat. Les producteurs m’ont dit : « Finis les cavalcades et les duels, place à la bagarre ! ».

Mes premiers films « modernes » furent la série des OSS 117 (5 films en tout), puis d’autres, dans lesquels je n’officiais que le temps d’une bagarre. Cela me prenait en moyenne une semaine de préparation, pour une semaine de tournage. J’ai également participé à des films plus importants, des productions anglo-saxonnes, parmi lesquelles Les Vikings, avec Kirk Douglas, Tony Curtis, Ernest Borgnine ; Quentin Durward, avec Robert Taylord et Lana Turner ; Diane de Poitiers, avec Roger Moore, qui débutait alors.

le Paria film de Claude Carliez
J’ai aussi tourné une quinzaine de films avec Jean-Paul Belmondo, dont deux de cape et d’épées : Cartouche et Les mariés de l’an deux. En moderne, citons Peur sur la ville, Flic ou voyou…

Mon travail consistait, la plupart du temps, à lire le script puis à proposer au metteur en scène des duels sur cette base. J’ai eu beaucoup plus de facilités avec des grands metteurs en scène qu’avec des débutants, qui voulaient faire autre chose que ce qu’ils avaient vu, qui voulaient innover à tout prix. Ils ne voulaient pas passer plus d’une matinée sur les duels, alors qu’il aurait fallu au moins trois jours. Ils étaient surtout attachés au texte, qu’ils avaient écrit eux-mêmes, afin de profiter de leurs comédiens. Ils craignaient également que leurs comédiens se blessent, et les tracasseries liées aux assurances. Je suis donc resté souvent sur ma faim, en me disant, « quel dommage ! ». On me disait souvent : « mon cher Carliez, je n’ai pas l’intention de faire un documentaire sur l’escrime ! ». Parfois les metteurs en scène étaient bridés par les producteurs, qui cherchaient à réduire les coûts au maximum. Il fallait donc gérer cette frustration et se dire : ce sera pour la prochaine fois.

Il en allait tout autrement avec les grandes productions américaines : pour le film Charade, avec Cary Grant et Audrey Hepburn, nous avons disposé de cinq jours pour tourner une bagarre qui devait durer une minute ! Stanley Donen, le réalisateur, qui venait des comédies musicales, aimait l’expression corporelle, sous toutes ses formes, y compris lors de combats.

L’escrime artistique
Claude Carliez et Michel Olivier
En 1991, lors de la projection du film By the Sword, avec Eric Roberts, j’ai croisé Michel Olivier, que j’avais déjà rencontré à une ou deux reprises mais avec lequel je n’avais jamais eu l’occasion de collaborer. À l’époque, il enseignait l’escrime artistique en salle d’armes, même si les Lames sur Seine n’existaient pas encore.
Nous partagions la même philosophie : nous souhaitions ouvrir l’escrime artistique au plus grand nombre, partager nos connaissances avec les personnes intéressées qui en feraient la démarche (ce que peu de collègues faisaient d’ailleurs). Michel me disait, à raison, « nous ne pouvons pas garder les choses pour nous, il faut les divulguer ».
Michel m’a par ailleurs demandé où en était l’Académie d’Armes de France (AAF). Je lui ai répondu que les choses n’avançaient pas aussi vite que je le souhaitais, car je n’avais pas assez de temps à y consacrer. Il a trouvé cela dommage et a exprimé le souhait d’intervenir sur certains dossiers. Nous avons alors décidé de travailler ensemble. Je lui ai demandé d’intégrer le Comité directeur de l’AAF.
La fédération considérait alors que l’escrime artistique était du ressort de l’AAF. Ils avaient sans doute peur de perdre des tireurs. Mais au fur et à mesure, ils se sont rendus compte que l’escrime artistique pouvait leur apporter beaucoup. Je leur ai d’ailleurs raconté comment deux de mes jeunes élèves avaient remporté, chacun dans sa catégorie, le championnat du monde des juniors. Depuis, une commission d’escrime artistique fédérale a vu le jour.

Ce sont surtout les films de cape et d’épées qui ont assuré la promotion de l’escrime artistique, qu’ils soient français ou anglo-saxons. Les bons résultats français aux Jeux Olympiques constituent également un formidable outil de promotion, mais qui profite surtout à l’escrime sportive.
L’escrime artistique a mis du temps à émerger en tant que discipline enseignée dans les clubs, et ce pour plusieurs raisons : tout d’abord, comme évoqué plus haut, certains maîtres d’armes étaient réticents à divulguer leur savoir. De plus, l’escrime artistique était enseignée aux comédiens dans les cours d’art dramatique, par des Maîtres d’armes, comme Pierre Lacaze et son adjoint Bob Heddle-Roboth.. Il s’agissait d’inculquer aux comédiens les bases, afin qu’ils se sentent suffisamment à l’aise l’épée à la main. Lorsque le metteur en scène souhaitait des passes d’armes plus complexes, on faisait alors appel à des doublures, des escrimeurs qui venaient des salles d’armes des Maîtres Gardère ou Lacaze. C’est d’ailleurs comme cela que j’ai commencé. J’avais à l’époque des contacts avec la fédération, et le DTN disait « nous allons perdre nos jeunes intéressés par l’escrime s’ils commencent l’artistique ». Car le côté costume, musique, visage découvert, les faisait incarner des héros de roman. L’escrime artistique était également perçue comme étant moins rigoureuse.

Les différentes escrimes à travers les âges : escrime ancienne et escrime artistique
Le terme escrime ancienne a été employé très longtemps, car on envisageait les périodes historiques : période antique, avec le glaive, le bouclier, la lance ; période médiévale ; période renaissance. Toutes ces pratiques de combat prenaient le terme « escrime ancienne ». L’apparition de la rapière a changé la donne. Le duel est devenu l’art de toucher, sans l’être, comme le disait Molière.
Je fais donc une distinction entre l’escrime ancienne, qui avait pour but d’éliminer son adversaire très vite, sans fioritures, de manière expéditive, et une escrime plus légère, d’échange, courtoise, telle qu’elle s’est développée au XVIIe siècle. Cette évolution s’est accentuée au XVIIIe siècle. En revanche, l’époque Napoléonienne a vu le retour d’une escrime plus efficace, plus directe, à l’image du tempérament de l’empereur.
L’école française a pris son essor (après les périodes espagnoles et italiennes) grâce à ce côté « artiste » typiquement français. À ce moment là, la technique a changé : je n’attaque pas en même temps que mon adversaire, je le laisse attaquer, puis je pare, je riposte, je feinte… concepts que l’on retrouve dans l’escrime moderne, et qui viennent de cet esprit courtois de l’école française.

Aujourd’hui encore, certains escrimeurs pratiquent l’escrime ancienne, dite aussi de duel : ils sont équipés de protections, et privilégient la touche et l’efficacité à la beauté du geste. Il y a un vrai plaisir de la touche, un plaisir à déjouer les feintes de l’adversaire. Mais cette escrime s’appuie aussi sur des règlements, comme les zones de touche. On est donc proche de l’escrime de touche, l’escrime de compétition.
C’est pourquoi l’escrime artistique représente pour moi la plus belle expression de l’escrime. D’après Daniel Marciano, auteur et escrimeur, « comment peut-on n’être qu’un escrimeur de compétition ? L’escrime n’est-elle pas plus qu’une lampe qu’on allume ?». J’ajouterai que, selon moi, il faut beaucoup plus de contrôle pour arrêter son coup à cinq ou dix centimètres de l’adversaire, que pour le toucher.

Pierre de Coubertin utilisait également le terme « escrime artistique », mais ce n’était pas le terme courant. On parlait de « belles armes », comme je l’évoquais plus haut.
Je dois dire que Michel Olivier m’a poussé à développer l’enseignement de l’escrime artistique, car j’avais tendance à garder mon savoir pour mes élèves, principalement des acteurs. Je ne voulais divulguer mon savoir à n’importe qui, n’importe comment, et n’importe où. Michel a insisté et je me suis lancé à fond dans l’enseignement. Mais je choisis toujours avec soin mes stages, afin d’en tirer un minimum de satisfaction !

L’évolution de l’escrime artistique
Claude Carliez au stage Lames sur Seine
L’avenir de la discipline s’annonce radieux selon moi, j’en veux pour preuve l’intérêt croissant que revêt l’escrime artistique pour des jeunes qui considèrent qu’elle peut leur apporter autant, si ce n’est plus, que la compétition sportive. Et le soutien de la fédération va dans ce sens. Comme je l’ai déjà évoqué, il y a encore quelques années la fédération était principalement intéressée par les titres et les médailles que les jeunes tireurs pouvaient décrocher, car il était admis que seuls les bons résultats sportifs permettaient d’attirer de nouveaux licenciés. Tandis qu’aujourd’hui, de nombreux jeunes tireurs sportifs souhaitent s’initier à l’artistique. Libre à eux, au bout d’un an, de continuer ou pas. D’autant plus que l’escrime artistique peut faire faire partie du cursus d’enseignant de l’escrime !

Le développement de l’escrime passe par son enseignement. Les choses à ce niveau sont en train d’évoluer, grâce à la réforme du métier de Maître d’Armes et à la mise en place de nouveaux diplômes. Auparavant, pour enseigner l’escrime artistique, il fallait être avant tout un escrimeur sportif. Tandis qu’avec les nouveaux cursus, la partie moderne, sportive, n’aura plus la même prépondérance. La technique passera au second rang, et le côté spectacle sera mis en avant.

Toutefois, l’enseignant d’escrime artistique devra acquérir de bonnes bases en escrime sportive. Cela se traduit par la création du statut d’animateur/moniteur, le 4e niveau de la réforme. Cet animateur sera un adjoint du Maître d’Armes. Il ne sera pas habilité à donner une leçon individuelle, mais devra être capable de discuter d’un assaut d’escrime, de donner des conseils, que ce soit au fleuret, à l’épée… Il devra également, au cours de sa formation, recevoir des rudiments d’escrime dite ludique (également appelée « ludo escrime »), d’éveil escrime (« baby escrime »), d’escrime artistique et de spectacle, d’escrime handisport. Lors de la dernière commission des éducateurs, où ces questions ont été abordées, j’ai d’ailleurs fait remarquer qu’il fallait sans doute plus de personnalité, de psychopédagogie, pour ce 4e degré d’animateur, que pour le 3e degré (actuel BE1). L’animateur doit apprendre énormément de choses au cours de ses études.

Stage d'escrime artistique avec Claude Carliez
Je vois donc tous ces développements avec beaucoup de satisfaction et de plaisir. Les jeunes qui veulent se destiner à l’enseignement de l’escrime pourront gagner leurs vies dans ce métier d’avenir. Pendant très longtemps, les leçons étaient données le soir, après le travail. Il fallait avoir un autre métier, pour faire bouillir la marmite, et l’escrime le soir, pour le plaisir.Dorénavant, le Maître d’Armes fraîchement diplômé pourra, s’il a de la personnalité, vivre convenablement de l’escrime. Et tant mieux, car nous manquons de Maîtres d’Armes !
Je suis satisfait, enthousiaste et très optimiste sur la progression de l’escrime artistique et de spectacle, vis-à-vis du public et des organisateurs de spectacle. Le seul bémol, c’est le manque d’enseignants, en comparaison du nombre croissant de pratiquants.

La plus belle leçon ?
La sobriété et la classe de Raoul Cléry, qui n’était jamais ni agressif ni amer. Très grand, de la prestance, toujours souriant. Il a dû former 200 professeurs et a dirigé pendant de nombreuses années l’école d’escrime et de sports de combat d’Antibes, qui dispensait une formation militaire. Sa gentillesse, sa simplicité, faisaient que l’on était obligés de rester humbles lorsqu’il faisait une démonstration. Par son exemple, nous prenions conscience du fait que nous avions encore beaucoup de chemin à parcourir ! Tout cela sans faire preuve d’amertume, ou d’ironie, qui peuvent blesser l’étudiant, surtout quand celui-ci est un adulte !

Raoul Cléry était un très fort tireur en moderne et lorsqu’il a été blessé sous l’occupation, il est passé à la main gauche, et il est devenu champion de France et champion d’Europe !

Claude Carliez
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